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Paris Normandie :

 

 

Régine Thieulent-Torréton, écrivaine installée à Quincampoix, sort une biographie intitulée « Colette Yver, quand le féminisme était une injure ».

 

Romancière, vous voilà maintenant biographe dans ce dernier ouvrage où vous racontez la vie de Colette Yver. Pourquoi ?

Régine Thieulent-Torréton : « J’ai découvert Colette Yver lorsque j’étais à la Société des écrivains normands, association qui fêtait ses 75 ans en proposant une rétrospective des différents auteurs qui en avaient été membres. Colette Yver en a fait partie. Elle a vécu à la fin XIXe siècle et au début du XXe siècle ».

 

Comment avez-vous conçu cette biographie ?

 

« Le livre est composé en trois grandes parties : vie privée, femme de lettres, femme de cœur. Dans la conclusion, j’essaie d’analyser ce qui l’a fait passer d’une renommée nationale, voire internationale à un quasi-anonymat. »

 

Qui était donc Colette Yver ?

 

« J’ai découvert une femme, Normande d’adoption, oubliée mais pourtant très intéressante. Née Antoinette de Bergevin en 1874, morte à Rouen en 1953, elle a écrit une soixantaine d’ouvrages, produit des articles pour divers journaux, dont le Journal de Rouen. Elle est allée sur le terrain pendant la Grande Guerre pour rapporter ce qu’elle y voyait. Je la replace dans le contexte de l’époque, très masculin, très misogyne aussi. J’évoque Sylvain Maréchal qui, en 1801, est allé jusqu’à proposer une loi “portant sur la défense d’apprendre à lire aux femmes”. Je fais référence aux bas-bleus pour montrer le peu de crédit qu’accordaient les auteurs à leurs homologues féminines. »

 

Quelle était la position de Colette Yver face à cette misogynie ?

 

« Elle a beaucoup évolué au cours de sa vie dans son féminisme... discutable. Elle considérait que si la femme devait avoir une éducation pour subvenir à ses besoins en cas de célibat ou de veuvage, sa place était néanmoins au foyer. »

 

Vous vous êtes beaucoup attachée à la mémoire de cette femme de caractère ?

 

« Oui, car elle s’est illustrée dans son combat contre la tuberculose, la misère des familles nombreuses. Elle a contribué à la création du sanatorium de La Praz-Coutant. Un institut d’éducation motrice a pris son nom à Rouen. Je pourrais en parler longuement. D’ailleurs, je le fais sur 80 pages [rire]. Mon livre est documenté avec des photos, des articles de presse, des cartes postales, des extraits de textes. J’ai même suivi son parcours géographique pour voir où elle a vécu. J’ai pu consulter les archives sur place. »

 

INFOS PRATIQUES

 

« Colette Yver, quand le féminisme était une injure », publié chez Wooz éditions. Prix : 12 €.

Courriel : rethitorreton@orange.fr