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L'EPEE DES ACADEMIES

 


L’épée est un meuble indispensable dans toutes les acadèmies. C’est évidemment un symbole mais qui vaut la peine d’être conté. L’origine remonte au Royaume d’Akkad (ancienne Mésopotamie). Là le roi Sargon d’Akkad institua une akkadémie qui était un joyau de culture. A l’image du roi, chef de l’Akkadémie, les académiciens se devaient de se présenter devant l’épée en signe de leur vocation qui est de dire la vérité, et chacun sait que dire la vérité est toujours blessant, aussi bien pour celui qui la reçoit que pour celui qui la donne.


On a toujours vu le rapport dans la forme entre l’épée et la croix. En fait, la croix, connue dès les trois patriarches Abraham (originaire de Mésopotamie), Isaac et Jacob, avait déjà cette fonction. D’où le signe dit de croix tient son origine dans l’antique Akkadémie. Pour être académicien, il faut en avoir dans la tête, forcément, mais il faut en avoir dans le ventre aussi pour oser dire ce que l’on pense. Et il faut en avoir dans le cœur pour convaincre celui qui est en face, et dont le cœur se trouve ainsi à l’opposé. (Le signe de croix).


L’épée d’académicien n’est pas une arme : on peut la tenir par la lame (croix) sans se blesser la main, c’est une épée de parade. 


Etant secrétaire perpétuel de l’Académie Internationale de Recherche depuis un quart de siécle (70 académiciens dont plusieurs étaient dans la salle), je posséde moi-même une épée, mon choix s’étant porté sur une copie de l’épée ayant servi au sacre des rois, symbole de continuité dans l’histoire. Elle n’a rien à voir avec l’épée des académiciens français, où il s’agit toujours d’épées faites spécialement (et qui coûtent un prix fou !). Cette épée des académiciens français a en outre malheureusement beaucoup changé depuis l’installation par Richelieu : Cousteau avait une épée en verre de glace (arctique), et Decaux avait une épée en forme d’antenne de radio.


Toutes les académies authentifiées se doivent d’avoir une telle épée, moi-même dans mes conférences, j’emporte souvent la mienne, et toujours si c’est à l’invitation d’une institution académique, comme ce fut le cas lors de mon invitation par l'Institut de France, composé lui-même de cinq académies. (et où je suis désormais inscrit comme "orateur confirmé")