Meg ou un mort à l'Elysée, une pièce signée Michel De Decker au théâtre le Guichet Montparnasse, Paris, jusqu'au 10 mars.

 

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 Rencontre avec l’écrivain et historien Michel de Decker, près de Vernon

 

 

Avec Curiosités en Normandie, Michel de Decker offre à ses lecteurs une nouvelle série d'anecdotes historiques, sentimentales et drôles. Rencontre.

 

Michel de Decker dans le bureau de sa maison à Notre-Dame-de-l'Isle.Michel de Decker dans le bureau de sa maison à Notre-Dame-de-l’Isle.

Deux cent soixante pages de curiosités normandes, à la ferme, au village, politiques, sentimentales et historiques.

 

Avec son nouveau livre – « le 35e ou 36e, je ne sais plus vraiment », réfléchit l’auteur – Michel de Decker invite ses auditeurs de France Bleu à redécouvrir ses chroniques normandes.

 

L’historien vulgarisateur n’épargne ni les paysans ni le clergé en révélant au grand jour quelques récits croustillants sur les enfants cachés de curés ou les tromperies à la ferme – « Les histoires de sexe, ça marche toujours ! » – ou sur les personnes célèbres.

On apprendra que le vingt fois ministre et onze fois président du conseil, Artistide Briand, avait baptisé une de ses oies, Léon Daudet, du nom d’un politicien d’extrême-droite ou encore que Claude Debussy a composé la fin de La mer à Pourville en 1905. Michel de Decker a même consacré un chapitre sur les stars où il revient sur l’attachement de Gainsbourg et de Yul Brynner à la Normandie – l’acteur américain ayant même fait crédit à la commune de Bonnebosq pour construire un stade de foot.

 

« J’ai l’oreille affûtée ! »

 

Comment fait-il pour recueillir toutes ces histoires ?

 

« J’ai l’oreille affûtée ! Cela fait vingt ans que j’écris des chroniques pour France Bleu. Je me rends dans les villages de Normandie et rencontre des paysans, des curés, des instituteurs à la retraite, des maires… ».

 

Carnet dans la poche, l’auteur questionne, écoute, prend des notes :

 

« Je me promène souvent lors de mes déplacements pour les salons du livre. Je reste quatre ou cinq jours sur place et je sillonne les villages. Je joins l’utile à l’agréable ».

 

De ces histoires, il écrit deux versions, une pour la radio, dans un langage mi écrit mi parlé, avec des interjections, et une pour ses livres, plus littéraire :

 

« J’ai commencé à collecter mes chroniques pour les publier à la demande de mes auditeurs. Sur les salons du livre, le public voyait mes biographies mais il cherchait souvent mes chroniques ».

 

L’auteur utilise souvent la première personne pour conter ses histoires vécues il y a pourtant plusieurs siècles : « Je les provoque un peu ces histoires ! », sourit-il.

 

Radio, livre, télévision

 

Des récits également adaptés pour la télévision, dans Secrets d’histoire, l’émission présentée par Stéphane Bern sur France 2. De ses scénarios télévisés, Michel de Decker a publié, l’année dernière, toujours chez son éditeur normand, Orep – « Je fais travailler la Normandie pour mes histoires normandes » – un autre recueil d’indiscrétions, Mes secrets d’histoire en Normandie, où il s’amuse du « vieux coquin de Corneille » et révèle qu’Alphonse Allais était « breton par un ami de son père ».

 

Meg ou un mort à l‘Elysée au théâtre

 

Homme de lettres et de radio, Michel de Decker a également écrit une pièce de théâtre Meg ou un mort à l‘Elysée, il y a deux ans. L’écrivain revient sur le procès de Marguerite Steinheil, dite Meg, femme du monde (le président Félix Faure est mort dans ses bras) accusée d’avoir tué sa mère et son mari.

L’auteur mène l’enquête jusqu’à résoudre l’énigme un siècle après ! Une pièce actuellement jouée au Guichet Montparnasse jusqu’au 10 mars.

Seul le cinéma manque encore à son arc :

« Pourquoi pas. Justement, cette pièce de théâtre ferait un très bon scénario de film », juge-t-il.

 

« Mes insomnies sont comblées par les polars »

 

Entre deux chroniques, deux salons, deux livres, deux rencontres, Michel de Decker est également président de la Société des auteurs normands (110 adhérents). À ce titre, il reçoit de nombreux manuscrits et donne un coup de pouce aux jeunes auteurs pour se faire éditer. À Notre-Dame-de-l’Isle, il organise un salon du livre sur les bords de Seine, tous les deux ans, en juin :

« J’aimerais faire un spécial polar. J’aime les polars du terroir, qui se déroulent dans les campagnes, comme l’affaire Dominici. Mes insomnies sont souvent comblées par ce type de lectures ».

Côté biographie, l’historien a toujours un, voire plusieurs projets en cours. Après la reine Margot, Talleyrand, Henri IV, Marie-Antoine, Michel de Decker poursuit sa collecte de petits secrets des grands hommes. L’auteur avoue aimer entrer dans leur intimité, dénicher les moindres détails de leur quotidien et découvrir leur vrai caractère bien souvent caché par leur talent ou leur notoriété. Au sujet de Victor Hugo, Michel de Decker confie que si son génie est incontestable, l’homme était « une véritable crapule. Aujourd’hui, il serait condamné pour pédophilie ! »

 

Sacha Guitry, Clemenceau et Louis XI

 

Caressant le rêve d’écrire une biographie sur Louis XI, « son caractère m’intrigue », Michel de Decker travaille actuellement sur Sacha Guitry et Georges Clemenceau :

« Tous deux étaient amis de Claude Monet dont ma biographie vient d’être rééditée. J’ai recueilli différents témoignages, notamment celui de mon ex belle-mère (la mère de l’auteur Françoise Bourdin, ndlr) qui a bien connu Sacha Guitry. C’était un homme plein d’humour. Un jour dans le métro, alors que Paris était occupé, il s’est retrouvé face à une femme lascive. Il lui a demandé s’il pouvait garder son pantalon ! ».

 

Les histoires de sexe, les gens aiment ça.

 

Curiosités de Normandie, Michel De Decker, Orep Editions. 19,50 euros.