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En quête vers Compostelle

La pérégrination à pied, sac au dos, du Puy-en-Velay à Compostelle est une expérience humaine très enrichissante et gratifiante.

Autant que je puisse en convenir, les rencontres avant, pendant et après mon pèlerinage ont enrichi le cours de mon existence.

Il y a 25 ans environ, je me rappelle très bien avec le SPN marche, dans le cadre d’un 100 kms Audax, un homme parlait de Compostelle : "J’ai fait ce pèlerinage pour ma fille". Par respect, je n’ai pas osé l’interpeller et lui demander l’aboutissement de son cheminement. J’ai gravé sur le mur de ma mémoire ce magnifique propos et ce moment fut sans doute le début d’une fascination vers Compostelle. Une évidence s’imposait, un jour je ferais ce Chemin.

Le hasard favorise ces rencontres extraordinaires de gens ordinaires, et, aujourd’hui encore malgré le temps qui passe, il me plaît d’imaginer une image : "celle d’un homme solidement bâti marchant vers l’apôtre, en quête d’un bonheur éternel pour sa princesse".

En avril 2009, je suis parti avec mon cousin sur ce chemin légendaire de Compostelle, avant que mes yeux s’en aillent, espérant trouver la force d’accepter une éventuelle cécité.

De manière sous-jacente, bien sûr, j’ai pensé à une guérison, le miracle ne s’est pas produit, du moins pour le moment !

Quelques mois après mon retour, j’ai commencé à écrire, relatant une étape, puis une seconde, encouragé par ma femme, mes enfants, mes amis, j’ai poursuivi l’écriture. Mon récit "Un Chemin de Lumière" a été publié chez Edilivre un petit éditeur.

Ce chemin de Lumière est salvateur pour certains ou représente la consécration pour d'autres.

Ce regard vers la Lumière m’aura permis de coucher sur le papier un passé douloureux

Et autant que faire se peut, j’ai cheminé durant deux mois vers Compostelle, en compagnie de mes anges gardiens, Robert, Jörg, Marta et María.

Parvenu à Santiago de Compostela, une émotion aux larmes m’a envahi sur la grande place d’Obradoiro de la cathédrale du Patron du Chemin. Une grande félicité lors de la célébration de la messe dédiée aux pèlerins de tous pays et c’est avec enthousiasme que j’ai pu apprécier le balancement parfumé du gigantesque encensoir.

Cependant, le but final de cette longue marche, est aussi de rejoindre la mer au Cap Finisterre espagnol pour caresser du regard un soleil couchant s’éclipsant doucement au-delà de l’océan.

Ce chemin de Lumière, de la terre à la mer, a guidé mes pas en direction de l’Ouest, vers le crépuscule, était-ce un signe pour conjurer le mauvais œil de l’obscurité profonde qui hante parfois mon sommeil avec ce cauchemar réduisant à néant un devenir visuel.

 

Cette vision bouleversante m’aura aidé à accepter que, malgré un brouillard qui s’opacifie devant mes yeux, on pouvait poursuivre son cheminement de vie d’une façon différente.

Pour ne pas déroger à la coutume ancestrale, la nuit tombée, j’ai jeté quelques vêtements imprégnés du voyage, dans une cavité, afin de les brûler. Très vite, de flammes ils devinrent poussières.

Dans la mythologie grecque, le phénix est un oiseau mythique d'origine éthiopienne, d'une extraordinaire longévité, associé au Dieu du Soleil. Il a le pouvoir, après s'être consumé sur un bûcher, de renaître de ses cendres.

Ce symbolisme "Renaître de ses cendres" est-il si différent ou tellement semblable de cette allégorie. Le jour s’écoule vers la nuit, de l’obscurité vers la lumière, finalement, il n’y a qu’un pas.

 

Raymond BOULARD

 

Interview vidéo de Raymond Boulard dans les locaux de son éditeur Edilivre :

 

http://www.edilivre.com/communaute/2014/01/16/interview-video-de-raymond-boulard-auteur-de-un-chemin-de-lumiere/